Chaque automne, le plan d’épargne retraite revient dans les conversations. En 2026, le sujet mérite plus qu’un réflexe de fin d’année. La loi de finances a modifié trois règles qui changent la façon de doser ses versements. Et une partie des droits accumulés disparaîtra définitivement le 31 décembre.
Ce que la loi de finances 2026 a changé
Le premier changement est favorable. Les plafonds de déduction non utilisés sont désormais reportables pendant cinq ans, contre trois auparavant. Cette souplesse permet d’étaler une stratégie de versements sur plusieurs exercices, ou de concentrer l’effort sur une année de revenus élevés.
Mais la mesure n’est pas rétroactive. Elle ne concerne que les plafonds générés à partir de 2026. Les plafonds 2023, 2024 et 2025 restent soumis à l’ancienne règle des trois ans. Concrètement, le plafond 2023 non consommé sera perdu au 31 décembre 2026.
Le deuxième changement est restrictif. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après le 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable, quel que soit le statut de l’épargnant. Ils restent possibles, mais sans avantage fiscal à l’entrée.
Enfin, le contexte fiscal général a bougé. La hausse de la CSG sur les revenus du capital, qui porte le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, modifie l’arbitrage entre enveloppes. Nous l’avons détaillé dans notre article Assurance-vie ou compte-titres en 2026.
Combien pouvez-vous déduire cette année ?
Pour un salarié, le plafond 2026 correspond à 10 % des revenus d’activité nets de 2025, retenus dans la limite de huit plafonds annuels de la Sécurité sociale (PASS 2025 : 47 100 €).
| Profil | Plafond de déduction 2026 |
|---|---|
| Salarié — plancher | 4 710 € |
| Salarié — maximum | 37 680 € |
| Travailleur non salarié — maximum | environ 88 900 € |
À ce plafond de l’année s’ajoutent les plafonds non utilisés des trois années précédentes. Le montant total disponible figure sur votre avis d’imposition 2026, dans la rubrique « plafond épargne retraite ».
Les couples mariés ou pacsés peuvent aussi mutualiser leurs plafonds. Le conjoint dont la tranche marginale est la plus élevée peut ainsi utiliser les droits de l’autre. Il suffit de cocher la case 6QR de la déclaration de revenus. Ce levier reste largement sous-utilisé.
Un exemple concret
Prenons un cadre dont les revenus nets d’activité 2025 s’élèvent à 120 000 €. Son plafond 2026 est de 12 000 €. Il n’a rien versé en 2023, alors que son plafond de cette année-là était de 10 000 €.
S’il verse 22 000 € avant la fin de l’année, il consomme d’abord son plafond 2026, puis le plafond 2023 qui allait expirer (les reliquats s’imputent du plus ancien au plus récent). À une tranche marginale de 41 %, l’économie d’impôt atteint environ 9 000 €. S’il ne fait rien, les 10 000 € de droits 2023 disparaissent.
Le PER n’est pas pour tout le monde
L’avantage fiscal à l’entrée n’est qu’une moitié de l’équation. À la sortie, les sommes déduites sont imposées au barème de l’impôt sur le revenu, et les plus-values au prélèvement forfaitaire.
Le PER est donc surtout pertinent lorsque votre tranche marginale actuelle est nettement supérieure à celle que vous anticipez à la retraite. À 30 % ou plus, l’intérêt est généralement réel. À 11 %, il l’est beaucoup moins, et l’assurance-vie offre souvent plus de souplesse.
Il faut aussi accepter l’indisponibilité des fonds jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie). Et la qualité du contrat compte autant que la déduction : frais sur versements, frais de gestion, univers de supports. Un avantage fiscal de 41 % peut être en partie absorbé par dix ans de frais trop élevés.
Nos recommandations avant le 31 décembre
- Consultez votre avis d’imposition 2026 pour connaître vos plafonds disponibles, et identifiez la part issue de 2023.
- N’attendez pas les derniers jours de décembre. Le versement doit être encaissé par l’assureur avant le 31. Prévoyez une marge de deux à trois semaines.
- Vérifiez l’intérêt de la mutualisation si vous êtes marié ou pacsé.
- Anticipez vos 70 ans. Si votre anniversaire approche, les versements de cette année sont peut-être les derniers déductibles.
- Choisissez l’allocation, pas seulement le produit. Un PER investi en architecture ouverte permet d’adapter la gestion à votre horizon.
Chaque situation reste particulière : le bon montant dépend de vos revenus, de votre horizon de retraite et de vos autres enveloppes. Chez Valmontis, nous construisons la stratégie PER de chaque client en architecture ouverte. Prendre rendez-vous pour faire le point sur votre situation.