Deux phrases reviennent dans presque tous nos rendez-vous cet automne. « Les marchés sont trop hauts, je préfère attendre. » Et : « J’ai déjà perdu en 2008 (ou en 2020), je ne veux pas revivre ça. » Ces craintes sont fondées. Mais la réponse la plus courante, tout laisser sur des livrets en attendant un meilleur moment, a elle aussi un coût.
Ce que dit la conjoncture en octobre 2026
Le paysage est contrasté. Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq ont de nouveau battu des records début octobre, portés par la technologie et les investissements dans l’intelligence artificielle. En Europe, le CAC 40 évolue autour de 7 900 points, sous ses plus hauts du printemps.
Le changement majeur vient des taux. La BCE a relevé ses taux directeurs deux fois depuis juin, portant le taux de dépôt à 2,5 % en septembre, face à une inflation revenue autour de 2,4 %. En France, le rendement de l’OAT à 10 ans a frôlé 5 % début octobre, et l’écart avec l’Allemagne atteint son plus haut niveau depuis 2011, sur fond de dette publique proche de 119 % du PIB.
Deux conséquences pour un épargnant. D’abord, les actions sont chères dans certains segments, et la volatilité restera probablement élevée d’ici la présidentielle de 2027. Ensuite, et c’est une bonne nouvelle, les placements obligataires et prudents rapportent à nouveau quelque chose.
Erreur n°1 : attendre le bon moment
Personne ne sait quand une correction arrivera, ni d’où les marchés repartiront. Attendre une baisse pour investir revient souvent à rester à l’écart pendant des mois de hausse, puis à hésiter quand la baisse arrive. Pendant ce temps, l’argent sur un compte courant perd environ 2,4 % de pouvoir d’achat par an.
L’alternative est simple : investir progressivement. Des versements réguliers lissent le prix d’entrée et retirent la pression de « choisir le bon jour ».
Erreur n°2 : rester concentré sans le savoir
Nous rencontrons souvent des épargnants très exposés à un seul titre : les actions de leur employeur via un PEE, des stock-options, ou quelques valeurs achetées au fil du temps. La sensation est celle d’un placement connu. Le risque, lui, est celui d’une seule entreprise. Réduire progressivement cette concentration est souvent la première mesure de sécurité, avant même de parler de nouveaux placements.
Construire une poche intermédiaire
Entre le livret, garanti mais peu rémunéré, et les actions, rémunératrices mais volatiles, il existe une troisième poche. C’est celle que nous construisons le plus souvent en ce moment.
| Support | Ce qu’il apporte | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Fonds en euros | Capital garanti par l’assureur, rendement moyen attendu autour de 2,9 % brut en 2026 | Rendement non garanti d’une année sur l’autre ; frais de gestion du contrat |
| Obligations et fonds obligataires datés | Rendements remontés avec la hausse des taux | Valeur qui fluctue si l’on sort avant l’échéance ; risque de défaut de l’émetteur |
| Produits structurés à capital protégé | Rendement défini à l’avance selon une formule, protection du capital jusqu’à un certain niveau de baisse | Protection conditionnelle, durée qui peut être longue, risque émetteur : à réserver à l’argent dont on n’a pas besoin à court terme |
| ETF diversifiés | Exposition large aux marchés à frais réduits | Aucune protection : à doser selon le profil et l’horizon |
Sur les produits structurés, nous tenons à être précis car ils suscitent, à juste titre, des questions. Ils ne font pas de miracle : un rendement plus élevé que le fonds en euros rémunère un risque, même limité. Le capital est protégé tant que l’indice de référence ne baisse pas au-delà d’un seuil fixé à l’avance, et il dépend de la solidité de la banque émettrice. Utilisés à bon escient, ils servent d’amortisseur dans un portefeuille. Mal utilisés, ils immobilisent de l’argent dont on avait besoin.
Notre approche
Nous ne cherchons pas à vous faire « entrer sur les marchés » à tout prix. Nous partons de votre horizon, de ce que vous êtes prêt à voir fluctuer, et de ce que vous détenez déjà. Chaque proposition détaille le rendement attendu, le pire scénario, les frais et notre rémunération. Si une gestion simple en ETF suffit à votre situation, nous vous le dirons.
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les unités de compte, obligations et produits structurés présentent un risque de perte en capital.